Intérieur : la maison colorée d’Hélène Fulchi (Minois) à Lisbonne

Installée dans le quartier de Praça das Flores, Hélène Fulchi, fondatrice des soins Minois et à l’aube d’un nouveau projet, nous raconte la maison qui a abrité son nouvel élan. Un lieu à son image où l’amour des objets coups de cœur infuse chacun de ses choix.

Par Amandine Grosse – Photographies : Stanislas Liban

Lisbonne, c’était il y a huit ans ; un coup de cœur immense pour Hélène Fulchi qui s’installe dans la capitale portugaise au cœur de l’été 2016 avec le projet Minois sous le bras. Une marque emblématique de soins pour enfants, aussi doux que beaux. « Dès que je suis dans un espace où je ne me sens pas exactement à ma place, j’ai besoin de faire bouger les lignes rapidement. » Guidée par le beau et le renouveau, Hélène s’installe en famille dans un nouveau pays qui rassemble deux éléments nécessaires à son bien-être : la couleur et la lumière.

« Lisbonne est une ville très inspirante qui invite à la créativité. Je suis toujours éblouie par sa lumière singulière, ses façades colorées, ses habitants, ce carrefour cosmopolite, aussi. Cette ville est pour moi une page blanche qui se renouvelle sans cesse. » Hélène s’installe tout d’abord au cœur du quartier de Lapa, dans un appartement au charme ancien avec une vue sur le Tage. Puis la jeune femme quitte ce premier nid quelques années plus tard :

« Je cherchais un lieu qui m’inspire, qui m’évoque quelque chose d’unique, le refuge où j’allais ouvrir un nouveau chapitre avec mes enfants de 10 et 5 ans. »

Après des mois de quête, Hélène tombe sous le charme d’une maison. « Elle était en cours de rénovation depuis plusieurs années mais entre-temps, le couple de Portugais qui l’avait achetée s’est séparé et a décidé de la revendre en cours de projet. C’est très rare de trouver des maisons à Lisbonne avec, qui plus est, une terrasse comme celle-ci. » Hélène reprend la main et doit faire preuve d’imagination pour se projeter : « J’y suis allée à l’instinct tout en sachant que le cabinet d’architecture Can Ran avait pensé chaque pièce avec goût et ingéniosité. J’avais confiance et, in fine, les finitions sont incroyables. » Un détail, qui n’en est pas un, finit par convaincre la Lisboète d’adoption : « Sur la façade, la teinte et la qualité unique des azulejos réalisée par des maîtres artisans, faisait écho au rose signature de Minois. Une alliance de tradition et de modernité qui collait à mes aspirations. » Hélène signe, par ailleurs, son premier achat. « Ce n’est pas rien et j’en suis très fière ! »

Une page blanche

La famille s’installe à la rentrée 2022. « Tout est terminé, tout est beau, tout est neuf mais tout est aussi à habiller, à meubler, à inventer. » Ici, les pièces sont blanches, et le sol, habillé d’un terrazzo sublime, contrebalance avec son ancien appartement dont le parquet ancien et l’esprit vintage se prêtaient à une décoration sixties. « J’aimais bien ce changement mais il fallait que je nuance le côté moderne. » La créatrice à l’œil exercé sait ce qui l’aidera à se réinventer : « La couleur ! C’était précisément ce dont j’avais besoin pour réveiller cette page blanche.

En étant pour la première fois seule face à l’aménagement d’une maison, je pouvais décider sans contrainte, sans compromis et sans négociation de chaque partie de la décoration. Cette liberté est très agréable ! » De son ancien appartement, Hélène ne conserve presque rien, excepté des affiches et des petits objets de cœur qui la suivent depuis toujours. « J’aime bien l’idée de collectionner des objets qui font sens. » Face au vide, Hélène ne se sent pas démunie. Au contraire, l’inspiration fuse et infuse son esprit : « J’adore les débuts, chiner, passer du temps à chercher l’objet, la couleur, la personnalité d’un lieu. J’aime aussi découvrir de nouvelles marques.

J’ai rapidement acheté les meubles essentiels puis j’ai souhaité accorder plus de temps au reste, les luminaires, les détails qui font l’empreinte d’un lieu. » À l’image de ce tableau de l’artiste portugaise Joana Inês-Soares (@violetacorderosa), représentant un cheval, qui imprime une patte unique au cœur d’un salon à l’allure cosy et seventies. « Ce tableau, c’est une des premières pièces que j’ai achetées. Je monte à cheval, j’en avais un aussi. C’est très plaisant de choisir une photographie, une peinture, un collage soi-même. C’est un geste fort qui engage qui l’on est et ce qui nous touche. » Autour, de l’orange, du vert, de la rondeur, des couleurs franches, de la douceur aussi, pour habiter d’élégance et de fraîcheur des pièces où chaque objet est mis en valeur. Et des luminaires !

« J’adore le travail de Julie Lansom. Ses pièces uniques répondaient à mon cahier des charges : de la couleur, des courbes, de la poésie. Chacune de ses lampes est fabriquée de manière artisanale dans le sud de la France et le globe de verre est soufflé à la bouche en Autriche. » Au pied d’un escalier graphique, les courbes de l’objet équilibrent l’espace. Deux étages complètent la maison : la chambre d’Hélène à la taille parfaite, comme un cocon, et au-dessus, l’étage réservé à ses enfants qui pour l’heure cohabitent dans leur grand espace. « J’adore l’univers kids. J’ai toujours pris beaucoup de plaisir à décorer la chambre de mes enfants pour qu’ils s’y sentent bien. Et puis, j’aime cultiver mon âme d’enfant, même dans mes choix personnels. »

La lumière naturelle

Sur la terrasse, Hélène aime profiter de la douceur. Entre l’oranger et les vignes vierges, sous le parasol à franges, le temps est en suspens. « À mon arrivée, j’ai simplement changé la pierre volcanique au sol, inadaptée aux enfants, pour un plancher en bois extérieur. » À l’intérieur, le soleil n’est jamais loin : « La lumière naturelle a beaucoup d’importance à mes yeux. Accueillir un rayon de soleil à travers la fenêtre de la cuisine me rend instantanément heureuse. » Entre intérieur et extérieur, la maison d’Hélène lui offre ce havre de paix et contraste joyeusement avec l’élan et le rythme de sa “petite ville quartier”. « Tous les jours, je me sens observatrice de là où je vis. Maintenant que j’ai un chien, j’échange encore plus avec les habitants et les commerçants. J’adore cultiver mes rituels : boire mon café chez Marquise da Mobler, aller chercher mes fleurs chez Pando Studio, prendre une glace avec les enfants chez Nannarella, déguster un verre de vin chez Magnolia… »

Si la jeune femme a déjà réalisé le rêve de s’acheter sa maison, le vœu fou d’acquérir une cabane typique sur la plage lisboète s’est lui aussi concrétisé il y a deux ans ; un bijou d’authenticité qu’elle rejoint dès qu’elle le peut avec ses enfants ou entre amis. Et comme chez Hélène, rien ne vaut le risque de la joie, elle se lance dans un nouveau projet entrepreneurial qui verra le jour au printemps : « J’avais envie de défis, de revenir à la création pure avec une marque de denims pour enfants, beaux et confortables, ponctués par des collab’ avec des artistes qui me touchent. » Big Crush (@big__crush) promet de nous embarquer dans un univers aussi doux que pétillant. Comme elle.

_____

HOME MAGAZINE
Numéro 116 (mars et avril 2025) – Intérieurs apaisés, faites entrer la lumière
7,50€

Disponible dans tous les kiosques en France dès le 26 février 2025 et sur monmag.fr